Comment enseigner la politique aux jeunes à l’ère de Trump?

Enseignant au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières, Alexandre Thibaudeau, qui donne un cours optionnel d’initiation à la politique aux élèves de cinquième année du secondaire, constate que les prises de position du président des États-Unis polarisent et suscitent des discussions, peu importe les générations.
Ça fait quand même plusieurs années que je donne ce cours-là. Je n’ai jamais vu un événement ou un personnage d'actualité polariser autant et susciter autant de discussions dans mes cours
, a-t-il expliqué en entrevue à l’émission Toujours le matin.
M. Thibaudeau affirme que c’est notamment lors des discussions sur des sujets d’actualité qui ont rapport avec le président américain que les jeunes démontrent de l’intérêt.
Ça donne de très belles discussions en classe, justement. On fait de l'actualité pratiquement à toutes les séquences. On a une heure d'actualités ou deux parfois, quand l'actualité le mérite. Puis des fois, je prépare six, sept ou huit articles pour discuter avec la classe, puis on n’a pas le temps de se rendre au deuxième parce que la discussion lève
, affirme-t-il.
Si les jeunes à qui il enseigne se démarquent parce qu’ils s’intéressent assez à la politique pour choisir de suivre son cours, il constate que les façons de faire et les positions du président ont des effets variables, comme dans le reste de la population.
Il y a peut-être certaines personnes qui ont des craintes plus prononcées que d'autres. Il y a beaucoup d'inquiétude. Il y a aussi quand même des jeunes qui voient d'un bon œil un peu la façon de faire de la politique du président Trump, qui est plus dans l'action, qui est plus flamboyant
, observe-t-il.
Il espère que ces discussions permettront aux jeunes de discuter entre eux et de développer leurs propres opinions sans teinter leurs discussions en tant qu’adultes.
Mon but, c'est justement de laisser parler les jeunes, donc d'essayer un peu de faire l'avocat du diable, de faire la part des choses de la façon la plus objective possible
, dit-il.
Il constate que si les jeunes sont intéressés par la politique parfois davantage qu'on le pense, leurs façons de s’informer sont différentes. Cela nécessite donc une adaptation.
On a beaucoup de TikTok, on a beaucoup de ces réseaux qui amènent peut-être une vision plus de commentaires, plus fragmentaire de la réalité, mais en même temps, il reste que c'est de l'information quand même, et ça donne l'occasion en classe de partager ce qu'ils voient, leur perception des choses, puis de recadrer aussi parfois, quand c'est nécessaire
, ajoute-t-il.
Parmi les apprentissages qu’il tente de transmettre à ses élèves, M. Thibaudeau essaie d’expliquer les différentes sources d’information et les différentes façons de s’informer.
D'après une entrevue à l'émission Toujours le matin
Advertising by Adpathway




